Men I Trust : sensibilité universelle

Fondé en 2014 seulement, le groupe d’électro pop Men I Trust reçoit un engouement constant de la part de ses fans depuis des années déjà. Le trio de Montréal connait toutefois une popularité grandissante à l’international ces derniers mois. Ses chansons romantiques à la mélodie groovy, qui accompagnent à merveille la voix candide de la chanteuse Emma, plaisent sans équivoque. C’est pourtant la sortie prochaine de son nouvel album, Oncle Jazz, ajoutée à sa tournée nord-américaine du début de 2019, qui semble décupler l’attention que le groupe rencontre récemment.  

Débuts

À ses débuts, Men I Trust était composé du bassiste Jessy Caron et de Dragos Chiriac, amis depuis l’école secondaire. Les retrouvailles impromptues des deux amis lors de leur passage au département de musique de l’Université Laval, des années après s’être perdus de vue, ont donné lieu au premier album auto-intitulé sorti en 2014, qui mettait également en lumière des chanteurs que l’on suit encore aujourd’hui, dont Geoffroy, Gabrielle Shonk et Helena Deland.

Ce n’est que plus tard, après avoir été découverte dans une vidéo publiée sur Facebook, qu’Emma, chanteuse et guitariste, a rejoint le groupe pour former le trio que l'on connait actuellement. Quelques mois plus tard, le groupe lance un deuxième album, Headroom, instantanément encensé et caractérisé de plus mature. Avec ce second lancement, le groupe précise son style qui tend désormais davantage vers le jazz que l’électro.

DIY

En début de carrière, essuyant des refus à répétition de maisons de disque, le groupe a décidé de prendre les choses en main et de commercialiser lui-même sa musique. Appuyés d’agents qui les aident dans la programmation de leurs spectacles de plus en plus nombreux, les membres du groupe ont toutefois pris gout à leur expérience du «do it yourself» et déclinent maintenant les offres pourtant alléchantes des labels.

Le groupe prône l’indépendance et choisit plutôt de se faire connaitre via des plateformes numériques comme Spotify et Bandcamp. Leur tactique de mise en marché pourrait d’ailleurs expliquer leur rayonnement plus grand en Amérique du Nord anglophone et en Europe, où les publics semblent moins réfractaires aux nouvelles stratégies qui sortent des habitudes des artistes francophones.

Pourtant, le groupe affirme pouvoir vivre de sa musique grâce à Spotify. Des chansons comme Tailwhip (2017), et plus récemment Show me how, Seven et Say, can you hear (2018), atteignent aisément les millions d’écoutes.

Les fans de Men I Trust peuvent également compter sur la plateforme Bandcamp pour connaitre les nouvelles chansons, mais aussi pour se procurer de la marchandise à l’effigie de leur groupe favori. En effet, les t-shirts, vinyles et autres objets aux couleurs de Men I Trust rencontrent une popularité foudroyante sur le site. Les membres, qui procèdent aux envois eux-mêmes, doivent maintenant annoncer les dates de livraisons possibles, en raison de la grande demande et de leur emploi du temps chargé.

oncle+jazz

Naturellement, le groupe réalise aussi lui-même ses vidéoclips. Les nombreux vidéos que l’on peut retrouver sur Youtube dégagent un romantisme nostalgique et une esthétique vintage poétique qui fait parfaitement écho à ses mélodies. La vidéo de Tailwhip (2017), accumule particulièrement beaucoup de vues, est constituée de vidéos «maison» de l’enfance des membres du groupe et de leurs amis. Un montage touchant qui accompagne à merveille les paroles de la chanson.

Tournées

Men I Trust se produit désormais régulièrement en spectacle au Canada, aux États-Unis et en Europe, et ce, plusieurs mois par année. Il est possible de suivre la programmation des nombreux spectacles sur la page Facebook du groupe qui est très fréquemment entretenue.

En septembre dernier, le groupe a réalisé une tournée de plus de 13 spectacles dans bon nombre de pays d’Europe. Depuis février 2019, Men I Trust effectue une tournée nord-américaine et a l’occasion de faire la première partie de divers artistes comme Belle and Sebastian et Michael Seyer. La tournée, qui s’étendra jusqu’à la mi-mars, s’arrêtera dans de nombreuses grandes villes des États-Unis avant de revenir au Québec et de se terminer avec des représentations à Gatineau, Montréal et, finalement, Québec, où il jouera sur la scène du D’Auteuil le 23 mars.

Le groupe repartira ensuite en avril vers les États-Unis, où il se produira durant les deux fins de semaine du très prisé festival Coachella, un rêve que les membres ne s’attendaient pas à réaliser si tôt dans leur carrière.

À venir

Il est clair que Men I Trust a le vent dans les voiles. Ses fans attendant d’ailleurs avec impatience la sortie de son prochain album, Oncle Jazz, qui avait été annoncée pour février. Le groupe a toutefois précisé récemment sur sa page Facebook que l’album ne serait prêt qu’au retour de sa tournée nord-américaine. Comme le dit la chanteuse, «love takes time».

Le visuel de l’album est pourtant déjà diffusé et, sans surprise, il rencontre la faveur du public. Il s’agit d’un dessin naïf d’un caniche, réalisé par le bassiste, Jessy. Après l’avoir signé sur quelques albums à l’automne dernier, le groupe a décidé d’un commun accord qu’il serait naturel que le chien enfantin devienne le cover de son prochain album. Les t-shirts à l’effigie du poodle sont disponibles dès maintenant sur le site Bandcamp.

Le plus qu’attendu Oncle Jazz devrait donc paraitre d’ici la fin du printemps. Si l’on se fie aux récents singles «Show me how» et «Say, can you hear» qui feront partie de l’album, le groupe indie pop présentera un album en cohérence avec son style franc et nostalgique. À ce jour, le groupe enregistre, mixe et réalise toujours lui-même son travail.

Le groupe Men I Trust sera de passage au Le D’Auteuil à Québec le 23 mars prochain.


Mickaële Couture

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